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NOA demande à Chantal Jouanno la reprise du plan de restauration de l’ours

Logo NOA conservation 150px L2010 sera l’année de la biodiversité.  Le siècle dernier fut celui de l’extinction de l’ours brun dans notre pays. L’état qui s’était engagé dans un plan de restauration de la population d’ours brun en France n’a guère fait preuve de détermination pour la réalisation des engagements pris envers l’Europe.

Les hésitations, les reculades, les restrictions de ressources ne motivent guère à l’optimisme. Nous avons souhaité faire part à Madame Jouanno, Secrétaire d’Etats à l’Ecologie, de notre inquiétude et de notre volonté de contribuer à une politique courageuse et positive pour la restauration de notre population d’ours, dont tous les français sont responsables devant les citoyens d’Europe.

Voci le courrier que nous avons adressé au ministère, en espérant qu’une véritable action soit rapidement engagée.

Madame Chantal Jouanno

Secrétaire d’Etat à l’Ecologie

Ministère de l’Ecologie, de l’Energie, du Développement durable et de la Mer
92055 La Défense Cedex

Yerville, le 1er Décembre 2009

Madame la Ministre,

2010 sera l’année de la biodiversité. La communauté européenne s’était fixé cette échéance en espérant constater une inversion de la tendance déclinante, ce qui ne sera hélas pas le cas.

L’ours fait partie intégrante d’une biodiversité véritable dont il est le symbole fort. Il n’est pas concevable de se contenter d’une biodiversité « choisie » composées d’espèces « acceptables » pour l’homme selon ses uniques considérations économiques.

Que pourra dire la France quand il faudra rendre des comptes en 2010, si elle abandonne l’ours ? Pourra-t-elle s’ériger en exemple et en donneur de leçons à d’autres pays dans lesquels la protection de l’environnement n’en est qu’à ses balbutiements ?

Il est du devoir de l’état de veiller simultanément au maintien de sa dernière population d’ours et d’en assurer la restauration comme il s’y est engagé il y a déjà plusieurs années.

Nous avons été très attentifs à vos déclarations, et notons avec satisfaction les intentions dont vous avez fait part.

Toutefois, vos prédécesseurs ont en leur temps également fait preuve d’un grand talent médiatique, mais sans pour autant agir concrètement. La volonté de concertation avec les opposants à l’ours a trop souvent été évoquée et les échéances électorales furent autant d’opportunités de reculer des décisions positives et courageuses.

Si l’ours ne subsiste plus que sur le massif Pyrénéen, il n’en est pas moins un patrimoine national et Européen. Les gardiens de cette richesse en sont responsables aux yeux de tous.

NAO France œuvre dans un esprit de protection et de conservation, en tenant compte des réalités et des contextes écolo/sociaux/économiques. Nous contribuons à des programmes de réhabilitation d’ours et d’éducation à l’environnement dans des régions d’Europe centrale qui ont encore la chance d’avoir sur leur territoire une faune sauvage abondante et variée et où sa cohabitation avec la société de l’homme est acceptée.
Au travers de ces engagements, nous sommes en relation avec des intervenants dans ces pays (scientifiques, parcs et réserves, administrations, organismes, associations, …)

Nous vous assurons de leur étonnement et de leur incompréhension lorsque nous leur expliquons la situation de l’ours en France.

Nous sommes conscients des motifs de clivages qui opposent les « pro » et les « anti ». Mais une nation comme la nôtre n’a pas le droit de laisser s’éteindre les derniers représentants de sa grande faune. Elle y perdrait son âme et son honneur.

La déception qu’entraînerait le différé de décisions et d’actions de la France en matière de rétablissement de sa population d’ours bruns serait à la hauteur de l’espérance et de la méfiance de tous les citoyens Français et Européens qui vous observent.

Nous serions tout disposés à vous apporter notre soutien, ainsi que celui de nos partenaires européens impliqués dans les programmes auxquels nous participons, afin de contribuer à une véritable politique positive pour la restauration de notre population d’ours.

Nous vous prions de croire, Madame, en l’assurance de nos sentiments les plus respectueux.

Pierre DEMEURE
Président

Cannelle… 5 ans pour rien ?

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2010 Année de la Biodiversité : l’Etat français abandonne l’ours brun.

Novembre 2004 :
Cannelle, la dernière ourse de souche pyrénéenne, tombe
sous les balles de René Marquèze.
Novembre 2009 :
5 ans après, triste bilan. Où en est l’ours en France ?

En 1981, la France lançait « le plan ours » pour sauver l’espèce de l’extinction.
Le 3 novembre 2004, le Président de la République Jacques Chirac, ému par la nouvelle, annonce au
Conseil des Ministres que la disparition de Cannelle est une grande perte pour la biodiversité en France
et en Europe. Mais la France, soucieuse de ménager les lobbies menaçants opposés à l’existence de
l’ours (chasseurs, éleveurs, promoteurs et aménageurs), ne s’est nullement donné les moyens de défendre
sa cause. Malgré les promesses de restauration des populations et les programmes de réintroductions
au compte-goutte de 1996 et de 2006, la population ursine dans les Pyrénées françaises est
toujours à l’agonie.
Nous dénonçons :
- Les manquements de l’Etat dans le dossier de la protection des ours dans les Pyrénées.
En 50 ans, l’habitat des ours n’est toujours pas efficacement protégé, la chasse en battue sur leur
territoire n’est toujours pas interdite et les renforcements de populations couvrent à peine les morts
naturelles, accidentelles ou intentionnelles.
- Une politique de réintroductions peu ambitieuse.
Elle n’a pas permis de restaurer la population d’ours dans un état de conservation favorable et a laissé
s’éteindre le noyau des ours autochtones isolés à l’ouest des Pyrénées.
Les réintroductions n’ont pas pour simple but de satisfaire les exigences a minima de la communauté
européenne en conservant une quinzaine d’ours sur son territoire comme dans un petit zoo.
Elles doivent permettre de conserver une population viable.
- Une mauvaise utilisation des fonds destinés à la protection de l’ours
Plusieurs organismes ont été subventionnés pendant de longues années sans pouvoir fournir de résultats.
- Le financement des associations ultra-pastorales violentes et opposées à l’ours avec des
fonds publics.
L’ASPAP (http://www.aspap.info) a reçu 20.000 euros en 2006 de la part du conseil général de l’Ariège.
Le Président du Conseil Général de l’Ariège, Augustin Bonrepaux, est d’ailleurs lui-même un opposant à
l’ours. Au terme de 10 ans de gestion, la population d’ours est au plus mal, surtout après l’abattage de
deux femelles.
- Le manque de volonté des pouvoirs publics
Ils continuent d’indemniser les éleveurs qui refusent catégoriquement les mesures de protection des
troupeaux, au lieu de conditionner le versement des indemnités à leur mise en place.
- La complicité de la justice française.
En traitant les affaires environnementales comme des affaires secondaires, elle augmente le sentiment
d’impunité chez les chasseurs et les activistes ultra-pastoraux.

Nous demandons :
- L’apport immédiat de femelles dans la population occidentale où ne subsistent plus que 2 ou 3 mâles.
Et le recours régulier à des renforcements de l’ensemble de toute cette population d’ours dont les
effectifs sont trop faibles pour assurer sa survie à moyen terme, tant que cette dernière ne sera pas
garantie par les experts.
- La création de zones de protection intégrale dans les Pyrénées dont l’ours serait un des grands bénéficiaires.
- L’interdiction de la chasse en battue et avec chiens dans les zones où la présence d’ours est avérée,
notamment par l’équipe technique ours, et surtout dans les zones identifiées au préalable comme zone
d’élevage des jeunes pendant les deux mois qui précèdent l’entrée en tanière.
- Que l’Etat mette en place un contrat avec les éleveurs afin de rendre systématique la protection des
Un collectif d’associations demande l’intervention de la Commission
Européenne pour maintenir une population d’ours viable.
troupeaux dans les zones à ours, et que l’indemnisation des dégâts soit réduite en cas de refus des
moyens et dispositifs de protection
- Que l’Etat finance la recherche sur les nouveaux moyens de protection des troupeaux à l’aide de spécialistes
(clôtures, effarouchements lumineux ou sonores…)
- Le renforcement des effectifs de l’ONCFS pour lutter contre le braconnage, les pièges, les empoisonnements
et les armes à feu.
Depuis de trop nombreuses années, l’Etat français s’arrange pour faire disparaître une espèce menacée
en faisant croire qu’il la protège. Aujourd’hui, nous demandons au Conseil des Communautés Européennes
d’ouvrir une enquête et de mettre la France face à ses engagements communautaires.
2010 est l’année que s’est fixée la Communauté Européenne pour faire le point sur l’état de la
Biodiversité, en espérant constater le ralentissement de sa dégradation.
A cette occasion, il est du devoir de tous de briser les murs du silence et les langues de bois.
La France n’aura aucun droit, aucune légitimité à s’ériger en modèle. Les engagements pris
ne sont pas respectés. Les espèces continuent à décliner, les habitats à se réduire, en raison
de décisions visant à préserver ou accroitre les intérêts corporatifs au détriment des aspirations
majoritaires des citoyens.
Il est du devoir des commissaires européens en charge de la biodiversité d’exiger de la France
qu’elle respecte les obligations qui lui sont faites, pour lesquelles elle a adhéré aux programmes
de conservation et protection, et pour lesquelles elle reçoit des aides financières.
Il est du devoir des citoyens des pays de la communauté européenne de soutenir les initiatives
visant à obtenir de la France le respect de ses engagements.

Liste des signataires et contacts : www.collectif-ours.fr

Quand l’obstination déclenche la violence…

NOA France, les associations et les structures qui ont participé à son appel ne cautionnent pas l’action violente menée au Lieu Unique.

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Samedi après-midi, un groupe d’une dizaine de personnes portant des masques de loups ont fait irruption dans le bar du Lieu et ont occasionné des dégâts semble-t-il d’importance, et surtout ont fait peur à la fois au personnel et aux visiteurs présents.

NOA-France a lancé un appel dénonçant l’exhibition des loups dans des conditions trop contraires à la biologie et au comportement du loup, même pour des animaux habitués à la captivité. Nous avons également refusé la qualification d’oeuvre d’art attribuée à cette présentation, estimant que si une oeuvre d’art est ici présente, c ‘est le loup lui même, créé par la nature et l’évolution. Nous avions demandé le retrait de l’appellation d’oeuvre d’art, et la mise en place d’une véritable information sur le loup et les questions soulevées par son retour en France.  Le déclenchement d’une réflexion du public, l’ouverture de son imaginaire, prônés par la direction artistique qui les présente comme étant l’objectif de cette exhibition, sont loin d’être évidents…

Les visiteurs interrogés, lorsqu’on leur demande ce qu’évoquent pour eux ces loups dans les douves répondent quasiment tous « ben, c’est des loups… »  Et les gens se pressent autour des murs et sur les passerelles pour voir les animaux… « C’est comme au zoo… »

Lorsque nous avons demandé à un médiateur ce qu’il en pensait, la réponse fut significative : « Vous savez, les bêtes, elles ne sont pas en bas… Elles sont sur les ponts !!! »  . « On ne nous demande que très rarement des explications, encore moins sur la vie du loup libre, quant à l’approche artistique, on n’a pas encore eu çà… ».

Nous avions proposé à la direction artistique de mettre en place des panneaux pédagogiques qui, à notre sens, auraient au moins permis d’apporter une information naturaliste sur Canis Lupus . Jusque là, cette proposition avait été rejetée au prétexte que ce n’était pas le but de cette oeuvre d’art, ni des développements réalisés (livre de nouvelles, etc…).

Cependant, NOA France, ainsi que les associations qui se sont jointes à son appel, n’ont jamais appelé à une action violente. La dénonciation de pratiques que nous considérons inadmissibles a fait l’objet d’une large diffusion, auprès des organisateurs, auprès des élus, auprès des administrations. Nous savons qu’elles ont été lues, même si l’absence de réponse témoigne de la gêne et des hésitations à faire quelque chose (pas un mot des formations politiques à qui nous avions écrit via leurs sites internet, pas de réponse non plus de la DIREN, etc…).

De par son implication dans la protection et le droit des animaux, mais surtout par son engagement pour la Conservation des espèces et des Espaces, NOA est en étroites relations avec des naturalistes, des artistes animaliers (photograhes, cinéastes,…), des biologistes oeuvrant dans différentes régions du globe. Tous dénoncent avec nous cette présentation. Aucun n’y voit une oeuvre d’art ni même une invitation à réflexion.

Il est dommage que la persévérance de l’organisation dans cette voie ait pu provoquer cette action violente. NOA ne la cautionne pas. Nous aurions aimé, à la place, voir ce groupe distribuer de façon très médiatique des tracts, des documents sur le loup, expliquer aux visiteurs leur refus de cette appropriation, de cet « asservissement ».  Une action allant vers le public est à notre sens plus porteuse d’un message compris et accepté.
Le saccage d’un lieu public peut dans ce contexte mener à une interprétation complètement opposée à ce que nous recherchons. Une action violente de ce type risque fort de jeter le discrédit sur tous ceux qui travaillent, souvent dans l’ombre, à l’amélioration des relations entre l’homme et l’animal et renforcer dans l’esprit du grand public une image extrémiste d’une partie des structures évoluant dans le domaine de la protection animale.

Toutefois, nous avons lu le commentaire de Jean Blaise, l’organisateur en chef d’Estuaire 2009 : « Ces gens ont une pensée et un discours tortueux. Leur action est assez révélatrice d’un malaise qui ronge notre société. Aujourd’hui, dès qu’on fait quelque chose pour la société, on est complice de l’état du monde »

Ce commentaire contient à lui seul l’explication de ce qui peut provoquer un tel déchainement. Alors que nous avions dénoncé le caractère incompatible de cette exhibition de loups en tant que telle avec la qualification « oeuvre d’art », le tout sans accompagnement naturaliste et pour une durée bien trop longue, la direction artistique a refusé toute modification de son approche, continuant à communiquer sur un émerveillement artistique.

Nous ne voyons toujours pas en quoi ce dépôt de loups en centre ville peut « faire quelque chose pour la société« . Estuaire 2009 et ses organisateurs ne sont certes pas responsables de « l’état du monde« , mais leur démarche que nous réprouvons toujours n’est certainement pas de nature à l’améliorer.

Nous avons à plusieurs reprises, par emails, attiré l’attention de la ville de Nantes et de la direction de la culture sur les risques de voir se développer des protestations spectaculaires, pouvant aller assez loin dans l’action « musclée ». Le propos a jusque maintenant toujours été ramené sur le plan purement artistique.

Cette action violente de ce  Samedi 27 Juin nous a hélas donné raison. A quand la prochaine si l’organisation s’obstine comme elle l’a fait jusqu’à présent ?

NOA a besoin de vous.

Nous avons le souhait de créer des équipes régionales qui auront pour mission de représenter NOA localement, de remonter les infos du terrain, d'enquêter sur place et de relayer les actions.
Si cette mission (bénévole bien sûr) vous motive, merci de nous contacter par mail et de nous joindre un CV et quelques lignes de motivation.
info (at) noa-france.org
A bientôt !