Archive pour la catégorie ‘Lipizzans Vucijak’


Il faut sauver le haras de Vucijak et ses Lipizzans

Bosnie, Prnjavor, Vucijak… des noms qui évoquent des épisodes troublés de l’histoire contemporaine. En marge de l’histoire des hommes c’est à celle des chevaux que nous nous sommes intéressés, les conflits des uns ayant mené à la perte des autres.

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© NOA France - P.Demeure

NOA lance un appel à l’aide pour tenter de sauver les Lipizzans qui firent autrefois la gloire de la Yougoslavie et qui sont aujourd’hui pratiquement livrés à eux-mêmes.

Au delà de l’action « animalitaire » ces chevaux  représentent un patrimoine génétique Européen que nous n’avons pas le droit de laisser perdre ou disperser.

Voici le récit de notre rencontre sur place.

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A l’approche de Vucijak, nous remarquons quelques chevaux au loin sur une colline. Ils sont donc bien là…  L’état de délabrement des installations confirme bien ce qui nous avait été rapporté. Le portail rouillé, sorti de ses gonds, ne se ferme plus depuis longtemps sur le chemin des bâtiments. La grange typique qui abritait le foin et les aliments n’est plus qu’une ruine à la charpente effondrée. L’immeuble qui hébergeait les personnels du haras est désert, les vitres sont cassées, les portes et les fenêtres ont disparu. Un peu plus loin, d’immenses paddocks vides attenants à de vastes écuries témoignent aussi de l’état d’abandon. Certains servent même de dépots d’ordures et la végétation a repris ses droits sur les constructions.

© NOA France - P.Demeure

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Il a fallu aux responsables de NOA plus de deux ans pour gagner la confiance du seul homme encore chargé de la surveillance, et qui porte encore le nom de « Directeur »… C’est lui qui nous accompagnera, expliquera le contexte, évoquera le prestige passé, les lignées de sang si caractéristiques de la race et le dévouement des quelques bénévoles qui tentent de sauvegarder ce qui peut encore l’être.

Comme jadis, l’élevage persiste dans la seule écurie centrale qui soit encore en état. Les étalons piétinent dans des box aux barreaux rouillés. Les poulinières sont attachées aux auges de pierre usées. Les poulains à la robe presque noire vont en liberté dans cet espace, comme c’est la tradition dans les haras de

© NOA Frnce - P.Demeure

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lipizzans. Ils jouent entre eux, et quand la faim se fait sentir, retrouvent leur mère pour une longue tétée. Une étrange atmosphère règne dans cette écurie ou de nombreux détails évoquent la splendeur passée : allée centrale aux pavés de bois soigneusement ajustés, piliers cylindriques en bois sculpté, bandeaux de paille tressée en décoration. Sans entretien, tout s’est dégradé. La sellerie, pillée, ne compte plus que quelques selles typiques et des licols en chanvre tressé.

Faute de ressources financières et humaines, l’état des écuries est du même ordre que celui des installations. La paille est rare, les chevaux vivent en permanence sur une couche de fumier. Leur robe, surtout celle des jeunes est sale, crottée. La nourriture est rare, donnée avec parcimonie pour économiser et faire durer les maigres réserves issues provenant pour la plupart de dons. Les poulains sont maigres, les juments sous-alimentées ne pouvant leur offrir qu’un lait apauvri.

Envers et contre tout, l’élevage est maintenu par le directeur, car Vucijak renferme un trésor : la présence des 6 lignées originelles de la race Lipizzan. Toutes les naissances sont consignées dans les registres.

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A notre arrivée, nous n’avions aperçu que quelques chevaux dans les vallons proches du haras. Le directeur nous invite à le suivre pour les découvrir. La surprise est de taille. Alors que nous nous attendions à ne voir quelques juments au pré, c’est une dizaine de poulinières accompagnées de leurs poulains plus âgés que ceux de l’écurie, qui se régalent d’une herbe abondante en cette fin de printemps. Nous ne pouvions pas nous douter de leur présence, car la région est très vallonnée, boisée et les chevaux errent librement au milieu des bosquets.

Ces lipizzans libres contrastent avec ceux des écuries. Plus d’os saillants, les rondeurs caractéristiques sont bien là, les robes sont

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brillantes et les taches résultent des roulades dans la terre, non plus d’un fumier omniprésent.

En souriant, l’homme s’éloigne en nous invitant à rester sur place. Quelques instants plus tard, un roulement de galops se fait entendre. Nous avançons vers la crête de la colline, et comprenons l’origine de ce bruit sourd : tout un troupeau de jeunes chevaux monte la pente, se dirigeant sur notre groupe. Instant intense… une image inoubliable que ces chevaux en liberté dans une nature intacte, comme dans les grands espaces américains ou comme l’homme préhistorique a pu en connaître.

Les chevaux viennent vers nous au grand galop. Le troupeau s’arrête à quelques dizaines de

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mètres, nous observe, et reprend sa course en direction des installations en ruine. Ces jeunes chevaux connaissent parfaitement leur univers. C’est l’heure de la distribution de foin et ils se précipitent vers les paddocks pour profiter de cette maigre ration et pour s’abreuver car les collines et les bosquets n’ont aucun point d’eau.

Laissant les mâles à leur goûter, le directeur nous emmène à l’arrière des installations. Il nous laisse sur un surplomb et descend rapidement la piste qui descend dans le vallon en contrebas. Quelques minutes s’écoulent et ce sont cette fois les pouliches qui regagnent les écuries délabrées. Une seule personne pour diriger une trentaine de chevaux…

Le jour commence à décliner, projetant une lumière orangée sur Vucijak. Les chevaux font ce qu’ils veulent, ce qu’ils peuvent. Certains resteront pour la nuit dans les paddocks, d’autres regagneront les collines.

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Si cette période de l’année se montre clémente, il en va tout autrement durant le dur hiver de cette région continentale… Les températures descendent très bas, la neige est abondante, l’herbe ne pousse plus, les feuilles sont tombées. Les dons d’aliments et de foin sont rares, malgré la contribution de quelques agriculteurs gagnés à la cause et les chevaux ne peuvent trouver une nourriture suffisante… Affaiblis, ils sont réceptifs à la moindre maladie. L’année dernière le virus de la grippe a fait des ravages, surtout chez les jeunes. Lors de notre visite, nous avons vu un de ces chevaux mis à l’écart, vraisemblablement atteint et dans un état plus qu’inquiétant. Aucun médicament n’étant disponible, son avenir est bien compromis.

Le haras de Vucijak a connu bien des aléas au cours des dernières décennies. L’éclatement de l’ex-yougoslavie engendra l’abandon par l’état des structures qui n’étaient pas strictement nécessaires à l’économie locale. Finies les coûteuses installations de prestige… Le haras fut encore un temps maintenu par la nouvelle administration jusqu’aux conflits ethniques et politiques des années 90. Manquant de tout, la population jeta son dévolu sur les chevaux. Plus de la moitié d’entre eux furent abattus et mangés. Seul le dévouement de quelques personnes permit de préserver le reste de l’effectif et de conserver les meilleurs représentants des lignées d’origine. La paix revenue, le haras devint propriété d’un privé qui ne put ou ne sut trouver une réalité économique permettant d’envisager un avenir plus serein. Les autorités, poussées par les défenseurs des chevaux, prirent la décision de placer le haras en régime de faillite, sous contrôle d’un administrateur. Un autre danger planait, celui de la dispersion des chevaux par une vente incontrôlée aux quatre coins de l’Europe. Heureusement, sous l’afflux des protestations, et grâce encore une fois au dévouement des bénévoles et des associations, l’administration s’engagea sur la voie d’une reprise du haras et des chevaux par l’état. Dans un pays au fonctionnement administratif très complexe, il faudra au moins attendre deux ans pour que le haras retrouve sa splendeur et les chevaux des conditions de vie et d’élevage dignes d’une race qui ne compte que 3000 représentants dans le monde.

Cependant, le processus est en marche. L’espoir revient. Un projet de reconstruction émerge, sous forme de centre d’équitation, de tourisme vert et de centre d’élevage.

Ces quelques signes motivent des sponsors à aider à la survie des chevaux et à la renaissance du haras. Un grand laboratoire français fournira dès que possible les doses de vaccin permettant d’aborder plus sereinement le prochain hiver. L’Ecole Espagnole de Vienne a aussi apporté sa contribution en offrant du foin.

Nous quittons Vucijak sur une vision qui nous a fait espérer… La jeune française de notre petit groupe partant faire le tour du haras sur le seul lipizzan bai brun adulte du haras (encore une tradition…), accompagnée par deux jeunes bénévoles Bosniens.

Vucijak, tel le phoenix, renaîtra de ses cendres si nous pouvons aider à sa préservation et aux condition de vie des chevaux.

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Ce reportage a été publié dans Cheval Magazine de Septembre 2009.

Aidez nous, aidez NOA, aidez les Lipizzans de Vucijak….

Il n’y a pas de « petits dons ». Toute somme collectée est importante, capitale. 50 euros, c’est un plein de carburant qui permet d’aller accomplir une démarche ou de se rendre sur le site pour surveiller l’état des chevaux.

Faites votre don par chèque libellé à l’ordre de : Association NOA France
et envoyez-le à :
NOA France
34 Rue Jacques Ferny
76760 YERVILLE

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Si vous souhaitez obtenir un justificatif pour votre versement, indiquez-le et nous vous l’adresserons par retour de courrier.

Si vous avez une adresse email, joignez-la à votre chèque et nous vous adresserons le justificatif en PDF.

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NOA a besoin de vous.

Nous avons le souhait de créer des équipes régionales qui auront pour mission de représenter NOA localement, de remonter les infos du terrain, d'enquêter sur place et de relayer les actions.
Si cette mission (bénévole bien sûr) vous motive, merci de nous contacter par mail et de nous joindre un CV et quelques lignes de motivation.
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