Archive pour la catégorie ‘Faune sauvage’


Les 2 oursons : quelques nouvelles

Le chaud et le froid soufflent en alternance.  Un jour apporte l’espérance, le lendemain son flot de craintes.  Après avoir donné verbalement son « feu vert » pour le sauvetage des 2 oursons, l’administration locale ou une autre autorité ministérielle a déclaré vouloir tuer les ours appartenant à des particuliers.

Après que les autorités aient fait part de leur décision d’exécuter tous les ours détenus en contravention avec la nouvelle loi sur la protection animale et la conservation des espèces, NOA BiH a immédiatement contacté le ministère afin de demander la suspension de cette décision et renouveler sa demande d »autorisation d’export.  NOA France a adressé au même ministère un courrier attestant de la prise en charge des formalités administratives et des soins vétérinaires préparatoires, tout en expliquant que l’exécution des ours serait une action désastreuse pour l’image de marque de la Bosnie et ne pourrait que nuire aux rapprochements avec l’Europe.

NOA France a montré aux autorités que des solutions existent. Un lieu d’accueil spécialisé a été trouvé. NOA France a transmis un reportage  montrant la qualité et l’adéquation de ce centre pour l’hébergement des ours qui pourront y couler une existence dans des conditions proches de leur milieu naturel.

NOA France travaillera également avec NOA B&H à la réalisation d’un projet de sanctuaire pour la faune sauvage (ours-loups) doublé d’un site pédagogique.

Nous avons bénéficié de plusieurs soutiens importants, qui ont été largement relayés dans la presse et les médias locaux. Il faut maintenant souhaiter que l’administration de la Fédération de Bosnie comprendra que cette mobilisation a pour but de sauver ces deux oursons, mais aussi de l’aider dans sa progression vers une société plus conforme aux espérances européennes.

NOA France consacre son énergie à cette opération. Rien n’est négligé et les contacts avec les responsables locaux se font quasiment en continu, tout comme la préparation de l’accueil dans le centre de destination et celle des procédures de transport.

Nous commençons à recevoir quelques dons et nous avons toujours bon espoir d’arriver à réaliser ce sauvetage. Mais nous sommes réalistes, et nous ne dépenserons pas inutilement les fonds qui nous sont confiés. Question d’honnêteté envers ceux qui ont répondent à notre appel. Nous n’encaisserons les dons qu’à partir du moment où nous aurons la certitude que les autorités de Bosnie Herzégovine autoriseront l’export des deux oursons.

Rien n’est encore gagné. Nous travaillons avec obstination pour convaincre l’administration. Les négociations sont menées en parfaite connaissance du fonctionnement des autorités de Bosnie Herzégovine, par l’équipe de NOA B&H, avec le renfort de NOA France, et donc de ceux qui nous aident !!!

En attendant la bonne nouvelle espérée du permis d’export, nous continuons à préparer les opérations de transport et d’accueil, car elles conditionneront l’obtention de l’accord définitif. Nous avons constitué une équipe vétérinaire sur place, qui procèdera aux vaccinations et marquages nécessaires.

Nous devons rester mobilisés pour toutes ces opérations, et préparer le moment où il faudra très vite agir. Dès que l’administration aura donné un accord ferme sur la délivrance du permis, il faudra intervenir immédiatement. Et pour cela nous devons disposer d’une réserve financière suffisante.

NOA France compte sur vous. Chaque donateur peut demander un justificatif de son versement. Celui-ci sera envoyé de préférence par email afin d’économiser les frais de courrier postal (si vous avez une adresse email, n’oubliez pas de nous la communiquer en envoyant votre chèque).

Nous espérons pouvoir très prochainement vous donner une bonne nouvelle…

Voici l’adresse à laquelle adresser votre don :
NOA France
34 rue Jacques Ferny
76760 Yerville

5

4

Jouet d’un jour, martyr pour toujours…

Voici quelques images tournées peu après la capture des oursons. Lorsqu’ils grandiront, les « peluches » ne seront plus amusantes et deviendront de véritables problèmes pour ceux qui les ont amenés dans le monde des hommes.

Il est impossible de les replacer dans leur monde naturel : ayant goûté à la « civilisation », n’ayant plus peur de l’homme, ils deviendraient des « ours à problèmes » et seraient immédiatement abattus.

Leur seule chance, c’est vous qui pouvez la leur donner : aider à financer leur transfert et leur accueil dans un centre-sanctuaire où ils vivront une existence sans danger, en compagnie d’autres ours,  sur un très grand territoire boisé, vallonné, rocheux, proche de leur habitat naturel.

Aidez les deux oursons….Aidez nous, aidez NOA à leur donner une vie digne d’un  ours !

Faites votre don par chèque libellé à l’ordre de : Association NOA France
et envoyez-le à :
NOA France
34 Rue Jacques Ferny
76760 YERVILLE

Les loups sont repartis… vers d’autres spectacles

Les loups ont quitté les fossés du chateau. Ce qui avait été présenté comme une oeuvre d’art, un prestation magistrale, ne fut qu’une banale exhibition d’animaux, comme dans n’importe quel zoo. Les passants et les visiteurs n’y on rien vu d’autre. Rien d’ailleurs ne pouvait les inciter à réfléchir sur cet animal mythique et sur les légendes qui l’entourent. Pas un panneau pédagogique n’a été mis en place, malgré les multiples demandes et propositions qui ont été formulées, même de la part du propriétaire des loups. Seul un feuillet évoquait une vague démarche artistique. Les médiateurs, dont la présence avait été annoncée comme étant une ressource importante, n’avaient qu’une très vague connaissance du loup et malgré leur bonne volonté servaient bien plus de surveillants que d’informateurs crédibles à des passants qui de toutes façons ne venaient là que par curiosité ou pour admirer des loups, les seules véritables oeuvres d’art dans toute cette mascarade prétendûment artistique.

L’organisation de l’événement Estuaire 2009 eut beau essayer de créer des diversions, de faire des communiqués orgueilleux, son seul souhait n’était que de faire parler d’elle. Toutes les propositions de débats autour du loup ont été refusées, soit explicitement, soit par absence de réponse. Et que penser de l’ »agression » dont furent la cible les locaux du « Lieu Unique » ? Sur le coup, les assocications protectrices du loup, les passionnés de cet animal et bien d’autres groupes ou groupuscule furent suspectés. Mais après tout, cette agression venait bien servir les organisateurs qui y voyaient une superbe occasion de justifier leur propos artistique, seul capable de faire naître réaction, reflexion, et de « réintroduire du sauvage en ville… »

Plusieurs associations – dont NOA France – ont voulu contribuer à faire évoluer cette exhibition saugrenue. La capacitaire elle aussi avait à plusieurs reprises demandé un complément pédagogique. Toute intervention qui eut un tant soit peu fait dévier du seul « propos artistique » fut rejetée, ignorée, que ce soit par l’organisation du Lieu Unique ou par les divers services et organismes impliqués qui évitèrent avec le plus grand soin de répondre aux propositions qui leur furent faites. Les politiques contactés sur ce sujet ont suivi la même voie en se gardant bien de répondre aux messages et aux appels. Bel exemple de chappe de plomb, de silence complice autour d’un gâchis et d’un gaspillage financier.

Les loups ont quitté les douves. Il vont repartir sur les chemins des foires et manifestations diverses, menés par leur propriétaire déguisé en capitaine moyennageux ou affublé du costume scénique adapté aux circonstances des spectacles que des municipalités organisent à grands frais pour faire du sensationnel dans les fêtes de villages. Malgré les protestations émises régulièrement et les demandes faites aux mairies de ne plus accepter ces représentations sans encadrement et sans accompagnement pédagogique, il y a hélas fort à parier que ces pratique vont perdurer, dans la plus parfaite indifférence générale.

Lors de nos contacts avec des responsables de la protection de la faune et de la conservation des grands prédateurs dans d’autres pays d’Europe, nous avons fait part de ces exhibitions de loups. Grand fut leur étonnement d’apprendre qu’un pays comme la France autorisait encore ces spectacles, alors que des nations souvent considérées comme « barbares » viennent d’adopter des lois interdisant tous types d’exploitation d’animaux représentants de la Faune sauvage.

Pendant ce temps, à Nantes, certains doivent encore se réjouir et se féliciter de leur imposture. Peu leur importe d’être montrés du doigt, du moment qu’on parle d’eux… Il n’y a pas de budgets pour les artistes créateurs, il n’y a pas de ressources pour la protection de l’environnement, mais toute une ville et ses administrations dépensent sans compter et sans regarder une enveloppe budgétaire faramineuse, pour la seule gloire de quelques individus. Triste …

Saccage du Lieu Unique. Jean-Blaise jubile…

Alors que nous faisions part de notre désapprobation de l’action violente de Samedi dernier envers le bar du Lieu Unique, et contrairement à ce qu’on pourrait penser, Jean-Blaise semble assez content de cette agression. Lors d’un interview video accordé à France 3, il s’en réjouit quasiment en expliquant que çà s’inscrit dans la réflexion qu’il avait cherché à faire naître au travers de cette exhibition des loups, que son souhait de réintroduire le sauvage prenait sens, que ce saccage était un acte philosophique et politique, etc…

Cette déclaration confirme bien ce que NOA dénonce depuis le début, à savoir l’utilisation du vivant dans des conditions inacceptables, au profit d’une entité artistique qui n’y voit qu’une opportunité de communication, quelles que soient les formes prises par les dérives engendrées par cette mascarade.

A noter également dans cette déclaration que Jean-Blaise souhaite maintenant discuter et débattre… Ce que NOA demande aussi depuis le début. Mais si nous demandons de notre côté à discuter pour améliorer la conditions des loups détenus et pour développer une information sur le loup et les questions posées par son retour en France, nous craignons qu’encore une fois la discussion proposée par l’organisation du Lieu Unique ne soit qu’un nouveau prétexte à promotion et communication sur ce qui n’aurait jamais dû avoir lieu…

Et si les auteurs de l’agression contre le lieu unique n’étaient pas à rechercher parmi les défenseurs du loup, mais au contraire parmi ceux dont le seul but est de développer une communication artistique à n’importe quel prix ?

La déclaration du responsable d’Estuaire 2009 sur :
http://ouest.france3.fr/info/pays-de-la-loire/Nantes-:-les-loups-attaquent-55759882.html

Affiche : Nantes se couvre de honte avec sa présentation « artistique » de loups !

A l’heure où de nombreux citoyens se sont engagés dans une voie verte, manifestant leur exigence de la prise en considération de la nature et de l’environnement par les administrations, Nantes persiste dans la présentation des loups dans les douves du château.

Nous avons adressé des mails à la ville, à l’organisateur, au maire et député, à la Diren… Le silence semble être la règle d’or.

En attendant, la mascarade s’est installée, les loups sont l’objet des quolibets du public qui passe par là. On leur jette des restes de nourriture, voire des objets pour le faire bouger.

La soi-disant oeuvre d’art n’est qu’une vilaine exhibition d’animaux dans une fosse comme on n’en verrait même plus dans les parcs zoologiques dignes de ce nom.

Faut-il attendre qu’un incident ou un accident dont un enfant ou un animal pourraient être les victimes se produise pour enfin comprendre cette aberration et mettre fin à cette supercherie ?

Nous avons réalisé, avec le soutien de plusieurs associations, une affiche que vous pouvez télécharger, imprimer et diffuser autour de vous.  Nous avons créé deux versions : une avec un fond vert, et une autre avec un fond blanc, moins consommateur d’encre…

Téléchargement (cliquez sur la version souhaitée) :
Version « verte »
Version « fond blanc »

.

Affiche_fond_vert

Voici l’oeuvre d’art !!!

-
Malgré les protestations, les loups sont arrivés hier soir dans les douves du chateau. La communication avait fait état d’une végétation naturelle, d’un « laisser-pousser » de la flore pour recréer un environnement naturel.
Nous ne voyons ici que des pelouses rases sur lesquelles les animaux ne trouveront pas de refuge pour échapper à la curiosité du public.
Ils ne sont certes pas plus malheureux que certains de leurs semblables enfermés dans des cages ou des enclos bétonnés, mais la mascarade reste entière.
La question de l’assimilation à une oeuvre d’art reste elle aussi entière et bien posée. La video parle d’elle même… Où est l’oeuvre d’art dans la vision de loups sur une pelouse ?

L’organisation ( Programmation Arts Plastiques / Visual Arts / Le lieu unique ) continue d’affirmer que cette exhibition est une véritable oeuvre d’art de Stéphane Thidet (voir ci-dessous la réponse à notre courriel)
Selon elle il s’agit réellement d’une oeuvre d’art, du même ordre que l’enfermement en 1974, durant 4 jours d’un « artiste » avec un coyote spécialement capturé pour l’occasion. Elle s’extasie également devant ce placement sur une pelouse, absolument constitutif à lui seul d’une véritable oeuvre d’art. Elle n’est pas loin de penser non plus que la création originale de l’artiste confine à la création divine…
Elle assure mettre en place des médiateurs, mais ceux ci-seront essentiellement chargés d’expliquer au public le « propos artistique ».

Nous avons contacté la Direction de la Culture de la Ville de Nantes, qui a répondu avoir transmis notre requête au CRDC, structure organisatrice de la Biennale Estuaire. Quelle sera sa réponse ? Notre demande d’annuler la qualification d’ »oeuvre d’art » pour cette exhibition, et de remplacer les panneaux de justification du propos artistique par des panneaux pédagogiques sur le loup, sa biologie et son éthologie sera-t-elle prise en compte ?

Parlons également budget…

A l’heure où bien des familles vivent dans l’angoisse du lendemain, dans la précarité, pour qui les fins de mois sont hypothétiques, pour qui quelques euros permettent de mettre quelque chose dans l’assiette des gamins, c’est une enveloppe de UN MILLION d’euros qui est attribuée pour le seul volet de l’art éphémère auquel est rattachée cette présentation de loups… (le budget total de l’événement « Estuaires 2009″ étant de HUIT MILLIONS d’euros)

Une telle manne providentielle n’eut-elle pas été plus appréciée si une quote part avait été consacrée à un « meilleur être » des habitants de la région ?  Une toute petite partie de ce budget aurait aussi fait le bonheur, au delà de toutes leurs espérances, de toutes les associations et organismes naturalistes et scientifiques qui oeuvrent à longueur d’année pour accompagner le plus harmonieusement possible le retour du loup et gérer sa cohabitation avec l’homme.

Nous avons attendu jusqu’au dernier moment, en espérant que cette idée saugrenue ne serait qu’un coup de pub, et que les loups exposés seraient des « oeuvres d’art » bien réelles, créées par un artiste, cette fois sous forme de statues, de formes, de silhouettes ou toute autre conception issue de son intellect. Hélas, les annonces étaient bien vraies et ces loups seront là pendant 3 mois, récupérés au profit d’une communication qui a besoin de polémique pour exister.

Nous renouvelons donc notre appel à contester cette récupération et la qualification d ‘oeuvre d’art. Nous demandons que tous les organismes impliqués dans la gestion naturaliste du loup fassent connaître autour d’eux cette mascarade, orchestrée et financée par une administration qui, petite excuse, a pu être leurrée par des organisateurs influents.

Si la Ville de Nantes n’exige pas le retrait de la qualification « d’oeuvre d’art » et ne remplace pas l’explication du propos artistique par une ensemble pédagogique sur le loup, elle se couvrira de ridicule en même temps que l’artiste et se fera complice de cette mascarade, méritant les éventuels reproches de ses habitants pour une telle utilisation des fonds publics.

— Ci-dessous la réponse de l’organisateur au courrier que nous lui avons adressé —
(nos demandes, questions et remarques sont en italiques)

Monsieur,

Votre message portant essentiellement sur des considérations d’ordre artistique, je me permets de vous répondre directement en tant que co-programmateur artistique d’Estuaire 2009.

Laissez moi reprendre, morceau par morceau, le paragraphe que vous mettez en exergue dans votre courrier.

« Nous avons beaucoup de mal à comprendre et encore moins à accepter cette démarche et cette conception. Une oeuvre d’art naît de l’esprit et des mains de l’artiste concepteur, qu’elle prenne une apparence matérielle, figurative ou abstraite. Certainement pas de l’utilisation du vivant !!! Et encore moins lorsque celui-ci fait l’objet d’une protection par les conventions internationales. »

L’œuvre d’art est avant tout cosa mentale comme le disait Leonard de Vinci. Elle est le fruit d’une démarche intellectuelle. Cette idée ne date pas d’hier. Quant aux mains de l’artiste, cela fait quelques décennies qu’elles ne sont pas nécessairement utilisées pour faire œuvre. Marcel Duchamp n’a pas sculpté un urinoir pour sa fontaine, mais, par un pied de nez à l’institution muséale, l’a simplement déplacé. Quant à l’utilisation du vivant, elle est loin d’être absente de l’histoire de l’art. Pour mémoire, la magistrale performance de Joseph Beuys en 1974 à New York, J’aime l’Amérique et l’Amérique m’aime où l’artiste s’est enfermé 4 jours et 4 nuits avec un Coyote qui venait d’être capturé.

De surcroît, à la lecture des communiqués publiés ici et là, l’exhibition de ces loups s’accompagne d’un message évocateur de l’animal symbole d’une peur ancestrale. Cette vision risque fort de compromettre les efforts menés par de nombreux organismes qui travaillent sur la problématique du retour du loup et de son intégation dans l’environnement contemporain.

Par le geste qu’il propose, l’artiste pose justement la question de la cohabitation de l’homme et de l’animal et donc de son intégration à notre environnement ! De la même façon que Beuys en 74 dénonçait une société qui opposait les espèces et empêchait leur cohabitation, l’artiste souhaite ici que l’homme cède pour un temps son territoire à une bête qu’il a si longuement pourchassé. C’est je pense un geste qui est loin d’être anodin, mais au contraire un symbole fort. En outre, vous regrettez que cet animal incarne une peur ancestrale, mais ce n’est pas l’artiste qu’il faut accuser pour cela ! Comme vous et moi, il a entendu petit les histoires effrayantes où la grand mère se fait dévorer par le grand méchant loup, où la bête égorge sauvagement les jeunes filles dans le Gévaudan. Ces images sont ancrées dans notre inconscient individuel et collectif, qu’on le veuille ou non ! Ce qui ne veut pas dire qu’un travail en conscience peut être fait par l’homme, et c’est bien à ça que l’artiste nous invite.

Nous n’avons certes pas vocation à apprécier ou critiquer la conception artistique. Chacun pourra juger du degré artistique d’un chalet en bois dans lequel il pleut continuellement. Cela ne nuira à rien ni à personne, sauf peut-être au sol du hall d’expo… Mais nous nous élevons contre l’utilisation des loups dans un tel contexte. Si des animaux vivants sont considérés et présentés comme des oeuvres d’art, faut il voir l’artiste comme le « Créateur suprème » (« Dieu » pour faire simple…).

Cette question de l’artiste créateur n’est absolument pas dans le propos de Stéphane Thidet, mais personnellement, je la trouve très intéressante. Elle est d’ailleurs présente, dans l’œuvre D’Io de Gino de Dominicis, qui mêle dans son titre même le mot Dieu et de Moi, et que je vous invite à aller voir, ou plutôt entendre, à la Chapelle de Béthléem de Saint-Jean de Boiseau. De Dominicis a souvent, comme d’autres grands artistes avant lui, posé la question de l’artiste démiurge.

Vous pourrez répondre que l’oeuvre d’art n’est pas le loup en tant que tel, mais sa présence physique dans un lieu et dans un contexte… Mais le fait de placer 6 loups dans un fossé de château en laissant pousser la végétation est-il constitutif d’une oeuvre ? « 

Vous avez parfaitement compris : l’œuvre n’est pas le loup. Et je vous confirme que le fait de placer une meute de loups dans des douves de château que l’homme a peu à peu transformé en parc public pour son loisir en laissant un temps à la nature pour qu’elle reprenne ses droits est constitutif d’une œuvre. C’est d’ailleurs plutôt, comme l’artiste le dit lui-même, un geste lui même constitutif d’une œuvre.

Enfin, veuillez être tout à fait rassuré sur nos capacités de communication au public : une équipe de médiateurs a été spécialement formée pour informer objectivement le public sur les loups. De plus, des panneaux informeront précisément le public sur le propos artistique et le garderont de pratiques à risques pour les animaux et pour eux-mêmes.

Programmation Arts Plastiques / Visual Arts
Estuaire 2007/2009/2011
Le lieu unique – BP21304 – 44013 Nantes cedex 1

Des loups vivants à Nantes présentés comme une oeuvre d’art…

dp_090320_refuge_arche_0399

© P.Demeure

Du 5 juin jusqu’à fin Août, dans le cadre d’ « Estuaire 2009″ la ville de Nantes exposera au public un groupe de 6 loups dans les douves du château.
Il s’agit, selon les communiqués et la communication faite autour de cet évènement et après vérification auprès des organisateurs, de loups bien réels et non pas de statues.

Cette exhibition d’animaux vivants est qualifiée d’oeuvre d’art.

Nous avons beaucoup de mal à comprendre et encore moins à accepter cette démarche et cette conception. Une oeuvre d’art naît de l’esprit et des mains de l’artiste concepteur, qu’elle prenne une apparence matérielle, figurative ou abstraite. Certainement pas de l’utilisation du vivant !!! Et encore moins lorsque celui-ci fait l’objet d’une protection par les conventions internationales.
De surcroît, à la lecture des communiqués publiés ici et là, l’exhibition de ces loups s’accompagne d’un message évocateur de l’animal symbole d’une peur ancestrale. Cette vision risque fort de compromettre les efforts menés par de nombreux organismes qui travaillent sur la problématique du retour du loup et de son intégation dans l’environnement contemporain.

Nous n’avons certes pas vocation à apprécier ou critiquer la conception artistique. Chacun pourra juger du degré artistique d’un chalet en bois dans lequel il pleut continuellement. Cela ne nuira à rien ni à personne, sauf peut-être au sol du hall d’expo… Mais nous nous élevons contre l’utilisation des loups dans un tel contexte. Si des animaux vivants sont considérés et présentés comme des oeuvres d’art, faut il voir l’artiste comme le « Créateur suprème » (« Dieu » pour faire simple…).

Nous dénonçons l’assimilation de cette présentation à une « oeuvre d’art ». Une telle qualification est une porte ouverte à toutes les dérives. La présentation d’animaux vivants ne peut en aucun cas être considérée comme une oeuvre d’art. Aucune matière, aucune conception ou réalisation d’artiste n’y intervient. Le fait de creuser des tanières pour essayer de rendre les lieux plus hospitaliers est une bonne chose, mais on ne peut rien y voir d’autre qu’un aménagement recommandé par le propriétaire des animaux.
Si l’organisation persiste à associer la notion d’ »oeuvre d’art », soit pour laisser libre champ à l’artiste choisi (nous ne contestons pas ses autres réalisations), soit par souhait de provocation et polémique pour faire parler de l’évènement, soit par inconscience des possibles conséquences, elle ouvrira la voie à une multitude de soi-disant « artistes » qui, à leur tour verront dans la mise en scène du vivant une opportunité de faire valoir leur ego ou simplement de s’assurer quelques revenus sous pretexte d’une pseudo conception artistique.

Si l’utilisation du vivant se banalisait dans la production artistique, ne risque-t-on pas de voir demain une présentation de SDF dans la cour d’un chateau ?
Le tout en parfaite bonne conscience puisque ce serait de l’art… Et encore les humains, même dans la misère, seront susceptibles de donner leur accord pour l’utilisation de leur triste condition.

On pourra aussi s’entendre répondre que l’oeuvre d’art n’est pas le loup en tant que tel, mais sa présence physique dans un lieu et dans un contexte… Le fait de placer 6 loups dans un fossé de château en laissant pousser la végétation est-il constitutif d’une oeuvre ?

Il faut que les représentants des associations de protection animale s’érigent contre cette présentation. Il faut dénoncer, protester, manifester pour empêcher cette forme de défiguration du rapport de notre société à l’animal et à la vie sauvage.

Est-il encore temps d’éviter cette exhibition incongrue ? Il est hélas vraisemblable qu’elle sera maintenue, compte tenu de la publicité effectuée et des budgets engagés.

Nous demandons cependant instamment de renoncer à cette présentation de loups sous cette forme. S’il faut préserver l’esprit de l’évènementiel, pourquoi ne pas demander à l’artiste de réaliser des sculptures ou toute autre représentation de loups ? Il y aurait ainsi une réelle création artistique et non pas une simple mise en scène du vivant.

Il faut surtout faire disparaître cette évocation d’ »oeuvre d’art » de cette exhibition. Au minimum la remplacer par « Sur une idée de (nom de l’artiste)… »

Nous demandons également que si l’exhibition est maintenue, cette évocation du loup soit accompagnée d’un aspect pédagogique, afin que le public reçoive une information objective sur l’animal et sa cohabitation avec l’homme.

Nous sommes disposés à collaborer avec l’organisation pour envisager cet aspect pédagogique qui pourra prendre la forme de panneaux placés à proximité du lieu de présentation des loups, pour qu’elle procure au public des supports objectifs sur la réalité du loup, son comportement et sa situation dans le contexte de son retour en France. C’est la seule attitude possible pour contribuer à la démarche menée par le monde scientifique et naturaliste pour Conservation des espèces.

Votre association, qu’elle travaille dans le domaine de la protection animale ou dans celui de la conservation naturaliste, sera la bienvenue à nos côtés pour tenter de faire changer cette présentation saugrenue tout autant que dangereuse.
En tant que particulier, un email témoignant votre réprobation sera aussi très important. Nous éditerons les messages reçus et les transmettrons à l’organisation.

Contactez-nous pour nous faire part de votre soutien, de vos remarques et suggestions d’actions.

info@noa-france.org

logo-noa-conservation-130

NOA a besoin de vous.

Nous avons le souhait de créer des équipes régionales qui auront pour mission de représenter NOA localement, de remonter les infos du terrain, d'enquêter sur place et de relayer les actions.
Si cette mission (bénévole bien sûr) vous motive, merci de nous contacter par mail et de nous joindre un CV et quelques lignes de motivation.
info (at) noa-france.org
A bientôt !