Nouvelle demande au ministère…

Les choses ont un peu bougé au pays des oursons. Suite aux nombreuses interventions -dont celle  de la Fondation B.Bardot- il semble que l’administration se soit une peu intéressée à la situation.  Le ministre en charge de ces questions nous a apporté une réponse selon laquelle il donnerait des instructions pour remettre les ours dans leur milieu naturel.

Bien que cette intention manifeste une bonne volonté, et qu’elle permet d’espérer éviter l’euthanasie des animaux, elle ne répond pas à la situation. Les 2 ours n’ont pas bénéficié de l’éducation par leur mère et seront totalement incapable de survivre dans la nature. La seule issue possible est de leur donner asile dans un centre spécialisé et nous devons obtenir une autorisation d’export pour pouvoir leur donner un lieu de vie convenable.

Le centre d’hébergement pour ours en Allemagne a signifié officiellement son accord pour l’hébergement. C’est aussi un très grand pas de franchi

Nous avons donc bien progressé depuis le début de cette action, même si la route est encore longue. Une partie des dons qui nous sont parvenus a été débloquée pour subvenir aux besoins des ours, pour leur apporter de la nourriture sur place, pour permettre les déplacements et les communications avec les administrations impliquées.  Sans cette aide, rien n’aurait encore avancé. Il faut continuer, pour obtenir très vite l’autorisation et pour continuer à maintenir en état les deux oursons.

L'équipe NOA apportant de la nourriture sur place.

L'équipe NOA apporte de la nourriture sur place.

Voici la lettre de relance que nous avons envoyée au ministère, suite aux échanges déjà effectués.  (traduction)

« Ministère fédéral de l’Agriculture, des Eaux et des Forêts
Cabinet du Ministre
N / r mr M.. sc. Damir Ljubic, ministre

Monsieur le Ministre,

La Fondation pour la protection des animaux de Mme Brigitte Bardot et notre partenaire pour ce projet NOA-France nous ont transmis votre réponse à la demande de Mme Bardot. On nous a demandé de vous l’expliciter. Nous vous avons adressé une demande de délivrance de l’autorisation d’exporter  2 ours de Gornji Vakuf (F B & H) pour leur placement dans un sanctuaire pour les ours en Allemagne. A en juger par votre réponse à Mme Bardot, avant toute interprétation de vos réponses, nous constatons qu’il est nécessaire d’expliquer une nouvelle fois notre demande.

Il s’agit de 2 ours brun (Ursus arctos), mâle et femelle, de la même portée d’environ 20 mois. Ils se trouvent depuis déjà 18 mois dans un étang privé de M. Fahrija Celic, Gornji Vakuf-Bistricka Rijeka. Sur la base de la loi sur la protection et le bien-être de B & H, l’analyse précédente et de la préparation, nous avons lancé un projet pour leur apporter des soins humanitaires et convenables pour plusieurs raisons:

1. En raison de la base juridique, qui interdit explicitement la détention et l’élevage d’animaux sauvages en dehors de leurs habitats naturels, et dans des endroits que la B & H décrit dans ses lois relatives aux populations d’animaux sauvages, en particulier la Loi sur la protection et le bien-être qui constitue un droit fondamental dans ce domaine;

2. En raison des obligations légales de notre association qui se doit de signaler les cas de traitement inadéquat des animaux et d’offrir des solutions adéquates;

3. En raison du fait qu’en B & H, il n’ya pas de logements dignes et adéquats en cas de maltraitance de l’ours brun.

4. En raison des informations que nous avons reçues de plusieurs institutions, selon lesquelles les inspecteurs de la chasse imposeraient des sanctions à M. Celic, ce qui conduirait directement à mettre en danger la vie de ces animaux.

Les arguments fondamentaux pour obtenir l’approbation pour le transport résultent de la constatation des faits que nous avons nous même effectuées avec la participation d’experts.

1. M. Celic n’est pas propriétaire des ours, peu importe comment ils ont été obtenus, et il n’a jamais eu la permission de les détenir par les institutions compétentes. Cette autorisation ne peut pas lui être accordée compte tenu des dispositions de Loi qui interdit formellement cette détention. Les ours ont été illégalement détenus;

2. Étant donné que les ours ont été capturés pris dans la nature à l’âge de 1-2 mois et qu’ils ont 18 mois en captivité, ils ne peuvent pas être replacés dans des HABITATS NATURELS parce que jusqu’à présent les hommes les ont nourris et parce qu’ils n’ont pas eu l’occasion d’être éduqués par leur mère. Ils seront incapables de trouver leur nourriture. Les oursons sont éduqués par leur mère pendant plus de 2 ans pour savoir comment trouver de la nourriture dans la nature. Si ils devaient être relâchés dans la nature, ils se rapprocheraient d’un village à la recherche de nourriture. Ainsi, ces 2 ours sont perdus pour notre nature depuis l’instant où ils ont été prélevés dans leur environnement;

3. Lors de nos visites de terrain nous avons constaté :

De mauvaises conditions de maintien (tout à fait contraire à la réglementation exigée par la législation sur la protection et le bien-être des animaux en B & H).
Le détenteur les attache avec un chaîne autour du cou sur le bord d’un étang où ils ont la capacité de faire quelques pas ou dans des niches d’environ 2m x 2m x 1,5 m qui servent de résidence pour les deux ours. Ces conditions ont un impact direct sur leur santé, car ils n’offrent pas la possibilité de former une masse musculaire adéquate et le tonus musculaire, ce qui signifie que leur santé est menacée. Les deux manières de détention sont inacceptables en termes de sécurité, car il a été utilisé des matériaux qui ne sont pas assez solides pour contenir ce genre d’animaux très puissants.

Une alimentation insuffisante
Le gardien les nourrit exclusivement de nourriture végétale. Ce genre de nourriture est absolument inacceptable si l’on tient compte du fait que pour ce genre d’ours omnivores, en particulier au cours de leur développement, il est important d’obtenir des protéines d’origine animale, et une plus grande quantité de calcium nécessaire à un développement physique correct. La mauvaise nutrition est due en partie au fait que le gardien cherche à les maintenir en forme physique en dépit du danger qu’ils représentent. A en juger par l’établissement commercial, le propriétaire sollicite les clients du restaurant pour leur acheter une boisson qui risque dans le temps de compromettre leur santé par altération des fonctions vitales, et en particulier du fonctionnement du foie.

4. Sexe opposé
Comme il s’agit d’un mâle et une femelle, c’est un problème supplémentaire et leur séparation doit être effectuée avant le début de leur maturité sexuelle.

5. Âge
Notre vétérinaire officiel, Dr Ljiljana Damjanovic a constaté sont en très mauvaise condition physique en raison de la mauvaise nutrition et des conditions de détention. Ils ont besoin de soins et de traitements vétérinaires pour pouvoir satisfaire aux conditions de l’Annexe-6 et supporter leur transport vers le sanctuaire en Allemagne, selon les réglementations européennes. La recommandation est de les transporter au plus vite afin d’éviter les conséquences psychologiques causés par une détention inadéquate. Puisque l’espérance de vie d’un ours brun est de 40-45 ans, leur âge de 20 mois leur donne une chance de récupération et d’un longue vie.

Sur la base de ces faits et en tenant compte de la loi sur la protection et le bien-être animal, et de l’engagement de la B & H vis à vis de la communauté européenne au sujet des espèces animales menacées, nous avons commencé le projet pour leur transport et leur hébergement dans les meilleures conditions.

À cet égard, nous vous avons adréssé les documents suivants :

- Une déclaration de notre partenaire NOA-France d’assumer l’obligation d’obtenir les permis nécessaires à l’importation dans l’UE et l’obligation de financement de l’ensemble du projet;

- Une déclaration du « Bärenpark Worbis / Schwarzwald »,  en Allemagne acceptant l’accueil dans son centre spécialisé dans l’hébergement des ours;

- Une déclaration selon laquelle l’export n’a aucun caractère commercial, qu’il répond à une raison humanitaire, et que nous allons obtenir tous les documents nécessaires nécessaires en conformité avec les lois applicables en B & H et dans les pays de l’Union Européenne.

Nous avons fait parvenir des documents supplémentaires concernant le projet mené à bien pour le transport de l’ours Miljen en France, qui peut servir d’exemple pour les documents à établir.

Par E-mail, nous vous avons envoyé les photos des ours afin de démontrer qu’ils sont dans des conditions inacceptables et que leur réinstallation dans des conditions adéquates est nécessaire.

Monsieur le Ministre, ces ours n’ont à ce jour aucun avenir en B & H. Malheureusement, s’ils ne sont pas transportés rapidement au centre de réhabilitation pour les ours, vous n’aurez plus que 2 solutions : les laisser continuer à résider dans l’étang de M. Celic jusqu’à ce qu’ils prennent conscience de leurs forces et leurs capacités, ou décider les faire tuer par les inspecteurs de la chasse. Dans les deux cas, cela signifie leur mort.

La mobilisation nationale et internationale pource projet est démontrée par la pétition internationale signée par plus de 1000 personnes originaires de Bosnie et partout dans le monde.

Le facteur humain a joué avec la vie de ces oursons dans sa forme la plus brutale, et parce que nous ressentons l’obligation envers la communauté tout entière de B & H, de corriger cette erreur en investissant tous les efforts des autorités compétentes pour prendre en considération l’intérêt des animaux, d’autant plus que qu’il est régi par une base juridique et qu’il constitue une obligation.

Nous vous demandons de prendre une décision favorable et de consentir à leur exportation, car c’est la seule décision correcte possible. Nous sommes à votre disposition pour tout complément d’information et pour vous fournir toute documentation nécessaire.

Cordialement,

Dragomir Mijic
NDA Président

Banja Luka, le 12 Octobre 2009″

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